Avatar
22 décembre 2009 | Par Zak | Publié dans Critiques | 7 commentaires | lu 1 571 fois
1997, Titanic est un carton mondial, émeut des millions de gens, rafle une tripotée de statuettes aux Oscars et rend James Cameron maître du monde (ou presque). Féru de nouvelles technologies, le cinéaste canadien aura attendu le temps nécessaire pour se lancer sur un nouveau long-métrage (12 ans quand même !). En effet, Avatar n’est pas un énième blockbuster lancé à la va-vite dans le but de ramasser un maximum de dollars (2012, Transformers 2…), mais un projet mûri de longue date, destiné à faire évoluer le cinéma (en tant qu’art et technologie). À l’image de Terminator 2 en son temps, en somme. Cameron affirme avoir commencé à y penser après Abyss en 1989 et le premier jet du script date de 1995. C’est avec Le Seigneur des anneaux de Peter Jackson et le réalisme hallucinant de Gollum que James Cameron décide de se lancer dans l’aventure. Aujourd’hui, l’expression « révolution cinématographique » est employée à toutes les sauces par les médias pour bien nous faire comprendre qu’Avatar est l’évènement cinématographique de l’année. Ils ont bien raison.
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Malgré sa paralysie, Jake Sully, un ancien marine immobilisé dans un fauteuil roulant, est resté un combattant au plus profond de son être. Il est recruté pour se rendre à des années-lumière de la Terre, sur Pandora, où de puissants groupes industriels exploitent un minerai rarissime destiné à résoudre la crise énergétique sur Terre. Parce que l’atmosphère de Pandora est toxique pour les humains, ceux-ci ont créé le Programme Avatar, qui permet à des « pilotes » humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans cette atmosphère létale. Ces avatars sont des hybrides créés génétiquement en croisant l’ADN humain avec celui des Na’vi, les autochtones de Pandora. Sous sa forme d’avatar, Jake peut de nouveau marcher. On lui confie une mission d’infiltration auprès des Na’vi, devenus un obstacle trop conséquent à l’exploitation du précieux minerai. Mais tout va changer lorsque Neytiri, une très belle Na’vi, sauve la vie de Jake… Avant d’être un tour de force technique et une Å“uvre visionnaire (3D renversante et FX proprement hallucinants), Avatar est sans conteste le film épique et dépaysant que l’on attendait tous depuis le dernier Star Wars en 2005. Un voyage immersif, quasi sensoriel, d’une pureté absolue. Le spectateur se retrouve littéralement propulsé sur Pandora, les images sont d’une beauté sidérante et véhiculent une émotion palpable à tout instant (la découverte de la flore de Pandora, un simple regard échangé entre Jake et Neytiri…). À l’heure où les blockbusters hollywoodiens essayent d’être inutilement sophistiqués quitte à se perdre en cours de route et ne plus savoir raconter l’essentiel, Avatar prend à contre-courant la tendance actuelle. Soit livrer une histoire épurée et limpide dont la fluidité narrative nous projette littéralement aux côtés des personnages. Malgré la technologie de pointe utilisée, les moyens démentiels mis en Å“uvre, un univers d’une richesse inouïe, Avatar surprend par le classicisme de son récit.
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On suit alors Jake (Sam Worthington, la nouvelle coqueluche d’Hollywood) dans son apprentissage de la vie de guerrier, mais aussi sa quête spirituel au sein de la tribu Na’vi et sa découverte d’un monde merveilleux. Il va apprendre et surtout comprendre leur culture, langage et croyances, si bien qu’il en oublie sa mission initiale. Lorsque les militaires dirigés par le colonel Quaritch (Stephen Lang, excellent en salopard) décide d’aller annihiler les indigènes car leur village se trouve sur le gisement du précieux minerai, Jake prend les armes avec ses nouveaux compagnons. Avatar est assurément le film le plus ambitieux de la carrière de James Cameron, mais aussi peut être son plus personnel. On retrouve dedans nombre d’éléments de sa filmographie. Il n’est pas question de recyclage, mais plutôt de créer une œuvre somme. Comme si le réalisateur souhaitait faire une sorte de bilan tout en regardant avec nostalgie la légende qu’il laissera derrière lui. L’aspect guerrier et tribal évoque Aliens, le retour. La masculine Trudy (Michelle Rodriguez) et le belliqueux Selfridge (Giovanni Ribisi) rappelleront respectivement Vasquez et Carter Burke. Sans oublier les fameux robots renvoyant à celui piloté par Ripley lors de l’affrontement final contre la Reine Mère des Aliens. Un mécha qui avait par ailleurs fortement influencé l’animation japonaise depuis. Abyss est aussi nettement cité ne serait-ce pour l’opposition de point de vue entre l’armée et les scientifiques, ainsi que le message écologique et humaniste. Et bien sûr, la romance passionnelle entre Sully et Neytiri, suite logique de celle entre Jack et Rose de Titanic (qui était déjà le prolongement de celle entre Bud et Lindsey dans Abyss). James Cameron avoue même s’être inspiré de sa propre personne pour créer le docteur Grace Augustine (Sigourney Weaver). Le cinéaste n’a jamais caché sa passion pour la science, la nature (le fond des océans notamment) et l’anthropologie. Il a par ailleurs consacré son temps à des documentaires entre Titanic et Avatar. Ainsi, si Pandora ressemble autant à un fond marin qu’à une jungle exotique, ce n’est sûrement pas un hasard.
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James Cameron puise aussi une de ses inspirations du côté de l’animation japonaise. Notamment chez un autre génie, Hayao Miyazaki. Impossible ne pas penser au Château dans le ciel ou Nausicäa de la vallée du vent devant les étranges décors montagneux et la façon de mettre en scène les créatures ou machines volantes. Neytiri n’est-elle pas non plus la Mononoké de Pandora ? Tout comme le mysticisme, l’idée de communion avec la nature est directement empruntée au cinéma de Miyazaki. Cela donne au final un mélange relevant du jamais vu au cinéma. Une œuvre transfigurée par la puissance évocatrice de ses images. Une œuvre capable de nous faire rêver et frissonner durant 2 h 40, et dont les sensations perdurent encore quelques minutes après le générique de fin. Une œuvre que l’on peu d’ors et déjà élever au rang de classique indiscutable tant elle apporte autant au cinéma, qu’aux spectateurs. Difficile de ne pas être confiant pour la future adaptation du mythique manga Gunnm, tant James Cameron semble le réalisateur parfait pour mener à bien ce projet dantesque.
23 décembre 2009 à 02:01 (#)
J’ai du mal à voir et à croire à un rapprochement évident entre du miyazaki et Avatar, ce n’est pas non plus étrangé à d’autres Å“uvre ce genre de décors ou de réflexion. Il est vrai que ce film fait penser à quelques points à certaines Å“uvres de ghibli mais dire que c’est directement emprunté, non je ne pense pas. Enfin ça on pourra débattre sans jamais vérifier.
23 décembre 2009 à 10:36 (#)
Je plussoie et te rejoins totalement dans ton approche de ce film qui fera date dans l’Histoire du cinéma.
24 décembre 2009 à 08:51 (#)
+1 avec ta critique
J’espére le voir très bientôt car j’ai vu les différentes bandes annonces et ton excellent résumé.
Ce que j’ai peur avec un film comme ça , c’est qu’on devrait avoir une floppé de film fantastique comme Avatar en moins bien et bon , déboullé sur dans nos salles obscures. Comme par exemple, la périodes des films comics ( Iron man , la saga Spider man et comapanie…) ou encore un monument tiré de la Japanimation qu’est dragon ball evolution.
Dans un seul but faire du chiffre quitte à ma massacrer l’oeuvre originale.
26 décembre 2009 à 11:55 (#)
On a fait un foin immense à propos de ce film, pub, teasing, buzz tout y est passé, aprés deux semaines de projection, c’est encore à se demander qui n’a pas vu Avatar, tant on en parle.
Je suis donc ressortie du cinéma, les étoiles pleins les yeux, l’esprit voguant au dessus d’une boite de Pandorre que l’on ne voudrait jamais refermer.
ma premiére question en rentrant chez moi, et aprés un balayage de mon entourage aussi divers que varié ( je parle ici des gouts cinématographiques) est : » Ya t-il quelqu’un qui n’a PAS aimé Avatar? »
Je n’ai pas trouvé encore de réponse à cette question. la critique la plus négative que j’ai trouvé, et assez récurrente c’est: » on en prend plein la vue malgré un scénario prévisible ».
j’avoue que le scénario de base est assez classique, les psychologies des personnages sont aussi relativement primaire ( quoique j’accorde une mention à Sigourney Weaver dans son role de Grace), une romance un peu gnan gnan, un méchant hyper archétypal ( le vilain général qui veut anéantir les pauvres petits Na’vis) et le suspens est pratiquement absent, du début à la fin.
Bref, on renifle à plein nez le Blockbuster américain qui nous fait un remake de Pocahontas a la Heroic fantasy.
tout pour me déplaire….
et pourtant, comment dire, j’ai apprécié ce film. pas une seconde, mon esprit ne s’est lassé de la beauté des images, des expressions faciales des personnages qui interprètent avec aisance, soit en tant qu’humain, soit en tant qu’avatar, les sentiments les plus purs. Pas un instant, je n’ai été déroutée par le fait que 90% du film ne soit que peinture et effets spéciaux, la prouesse technique reléve du miracle mais n’amoindrit en aucun cas le jeu des acteurs, et Cameron reste un virtuose de la caméro qui nous plonge au coeur de son utopie.
Si le théme écologique, rabattu à grands renforts de discours et d’images quelques peu manichéénes, on en reste pas moins persuadé que ce conte vaut le coup d’être découvert.
On aime le caporal Jake qui triche avec sa vie, avec sa réalité, qui déjoue les lois de la médecine pour regouter à la vie, on le trouve déroutant lorsqu’il nous apparait comme un junkie en manque de cette vie virtuelle et on admire son courage lorsqu’il tourne le dos à sa nature d’humain pour rejoindre définitivement les Na’vis.
On aime son caractére tellement « humain », tellement dans notre vision bien française telle qu’on conçoit les « américains » : « de grands enfants courageux mais stupides, arrogants », on se retrouve dans ses penchants égoistes, basiques.
ce film ne manque pas d’humour.
Je ne m’étendrais pas sur les décors somptueux, sur la faune et la flore qui sont parfaitement conçues, on y croit, pire, on veut y croire, rien n’a été laissé au hazard.
On ressent aussi une inspiration de Myasaki dans les décors ( surtout pour les roches flottantes, pour les esprits de la forêts, pour le côté immense de la nature).
que dire de plus, il y a quelques semaines lorsqu’on me parlé de Avatar, j’avais entretenu l’espoir que c’était Le film, celui qu’on attend depuis des décennies, le film qui bouleversera des générations, comme un Star Wars…
Je n’ai pas ressenti cela. ce n’est pas Le film du siécle, mais on est trés vite séduit par le paradis qui s’ouvre à nous et par ses habitants, fussent ils embarqués dans une aventures sans surprise, on les suit quand même.
27 décembre 2009 à 04:42 (#)
La 3D et les effets spéciaux claquent mais alors le scénario est vraiment prévisible. Et l’opposition armée bourrin/autochtones écolos est franchement charicatural à souhait . Bref, c’est beau (surtout en 3D) mais on s’ennuie ferme…
29 décembre 2009 à 06:06 (#)
Comment peut-on encenser de la sorte un film aussi mauvais!? Un scenario mediocre et plat, des dialogues nuls ecrits pour que meme un debile mental puisse comprendre ce que si passe, des personages stereotypes a bloc…
Quand aux effets speciaux, au bout d’une heure on a la nausee, et en 3D il y a des films deja beaucoup plus impressionants qui sont sortis dans les imax…
Qu’on laisse Miyazaki en-dehors de cela s’il vous plait! Ses oeuvres n’ont rien a voir avec ce blockbuster minable. Je m’etais habitue a mieux comme critiques sur Anime France… ;-(
12 janvier 2010 Ã 01:49 (#)
+1 pour cet excellent article.
Avatar est bel et bien un mélange d’Aliens pour les mechas, Abyss pour les décors fluoescents, Nausicaä pour la foret et sa faune à conscience collective et Final Fantasy The Spirit Within pour l’esprit de Gaia.
Plutôt que de dire que le scénario est trop prévisible (et il l’est), je pense plutôt qu’il manque une bonne heure à ce film pour développer correctement les personnages. A mon goût, Jake Sully prend un peu trop vite la défense des Na’Vi : sa dualité Na’Vi/Humain n’est pas sufisemment mise en balance : on ne voit poindre aucun dilemne chez lui, ce qui en fait un personnage un peu superficiel. Bref, le scénario est parsemé de raccourcis un peu faciles : j’espère que, comme pour la plupart des films de Cameron, avatar jouiera d’une version longue.
D’après certains, la durée du film a été cadrée sur la durée maxi techniquement possible pour une diffusion IMax aux USA.
Donc, une version de 3 heures en dvd ne serait pas à exclure.
J’ai beaucoup apprécié Avatar, mais plus comme un beau voyage que comme un bon film.