Akira
18 mars 2008 | Par Mugen | Publié dans Critiques | 5 commentaires | lu 2 174 fois
Il est des films que l’on appréhende forcément à critiquer par la peur de ne pas être assez élogieux, voir respectueux, si c’est un classique incontestable par exemple. C’est le sentiment que l’on peut ressentir en tapant les premières lignes d’un texte sur Akira. Sorti en 1988 au Japon (et 1991 en France), ce film réalisé par Katsuhiro Otomo (le controversé Steamboy) est une adaptation de son propre manga. Mais Akira est aussi et surtout une date dans l’histoire de l’animation japonaise et de la représentation de celle-ci à travers le monde.

À Néo-Tokyo, en 2019, après la 3ème guerre mondiale, des savants fous tentent de créer et de contrôler un pouvoir qui les dépasse. Kaneda, Tetsuo et leur bande de motards survivent dans ce monde dévasté lorsque leur destin croise celui des militaires. Tetsuo servira de cobaye au projet militaire Akira alors que Kaneda fera tout pour le retrouver et élucider le mystère qui l’entoure… Doté d’un scénario passionnant et d’une réalisation virtuose, Akira est sans conteste un chef-d’œuvre. Dès le début du film, le réalisateur peint une vision ultra pessimiste d’un Tokyo post-apocalyptique où la jeunesse est désœuvrée et décadente. La plupart sont victimes de la drogue et de la violence et dans cette cité d’après-guerre, la vie n’a pas beaucoup de valeur aux yeux de ces junkies. La description de ce Tokyo dévasté est parfaite avec des décors réalistes et crédibles. Néo-Tokyo fait penser dans une certaine mesure aux villes dans John Difool, la célèbre bande dessinée de Jodorowski et Moebius. L’histoire fait honneur aux plus grands récits de science-fiction et s’adresse à un public adulte. La violence est omniprésente et parfois assez « trash » comme la transformation finale de Tetsuo. Bien sûr, l’adaptation en animé a été simplifiée par rapport au manga avec moins de personnages à gérer et une trame moins complexe (plusieurs tomes de l’histoire originale passent littéralement à la trappe). Pourtant, le film n’en perd pas en substance et en efficacité. La psychologie des personnages et la trame politique de l’histoire sont toujours bien présentes, laissant souvent l’aspect science-fictionnel de côté.

Le rythme est très soutenu et le film enchaîne les scènes d’action marquantes comme la course en moto du début. On remarque que le film a aussi influencé de nombreuses œuvres depuis sa création : l’allure de Tetsuo avec sa cape rouge et ses cheveux relevés fait indéniablement penser à Dragon Ball Z. De même, dans le clip de Kanye West, Stronger, on retrouve le même décor d’hôpital et les mêmes plans de caméra que dans le film d’Otomo. Akira puise aussi ses propres références dans l’Histoire nippone comme la représentation de l’explosion atomique, qui renvoi évidemment au traumatisme d’Hiroshima. Akira est devenu au fil du temps une œuvre culte aussi bien dans le monde de l’animation japonaise que celui du cinéma tout court. Grâce à Akira, la culture manga a pu s’exporter en France et dans de nombreux pays du monde, brisant ainsi de nombreux préjugés sur les mangas et influençant une quantité d’artistes.
19 mars 2008 à 11:26 (#)
Je suis en parfait accord avec la critique et je remercie Mugen d’avoir parlé de ce magnifique film.
La course de moto avec le gang du clown est marquante même maintenant, de même que le début avec la présentation de la société post apocalyptique notamment au travers de jeunes ado livrés à eux même comme kaneda.
Dans les points négatifs, je dirais la « fin » car elle est brutale, laisse dubitatif quant à son sens et il demeure un sentiment d’inachevé.
Akira fut pour moi un choc, une révélation car je ne m’attendais pas à ça quand j’étais allé le voir au cinéma, à 13 ans, avec l’un de mes camarades de classe qui m’avait traîné.
Ca changé vraiment du club dorothée
19 mars 2008 à 01:18 (#)
œuvre culte par excellence, je suis tombé sur le premier tome de la BD dans la bédétheque de mon pére j’avais 14ans, je ne savais pas ce que c’était qu’un manga et un anime. Le lendemain je suis allé acheté le tome deux après avoir lut 5 fois le premier jusqu’à 3h du mat.
Depuis je suis fan de manga/anime et tout ce qui touche au japon grâce à akira. C’est le genre de bouquins/film qui resteras célèbre dans quelques siecles.
19 mars 2008 à 05:50 (#)
Je me rappelle encore de la première fois où j’ai vu le film (sur canal et ça fait un bail!). J’ai été marqué à vie. Chef-d’oeuvre ultime quoi.
19 mars 2008 à 06:46 (#)
Très bonne critique. A juste titre on ne peut que faire d’éloge sur ce chef d’œuvre que bon nombre de jeune fan de pyjama orange ignore. Symbole d’une génération, on n’oubliera pas que c’est grâce au manga Akira que le marché du manga a pu ce développer en France avant même l’apparition et la fureur DBZ. Il sera pour moi a jamais ancré dans ma tête comme un symbole de renouveau dans l’animation japonaise.
5 février 2009 à 05:51 (#)
Je trouve cet article très bien, car il parle bien de ce qu’est Akira. Je confirme que la poursuite en moto est vraiment marquante mais le plus marquant est quand meme la présentation de Néo-Tokyo. Il est vrai que la fin d’Akira laisse un sentiment d’inachévement mais je trouve qu’elle est bien malgrès tout. Je regrette de n’avoir pas put le voir lors de sa sorti en France car je nétais meme pas né. Et oui, j’ai 16 ans. Je suis heureux de posseder aussi Akira en DvD. ET je dit qu’Akira est vraimpent le plus cultissime des mangas parut en France. UNe référence comme des titres tel que Gunmm ou Okuto no Ken.