Air Gear

6 juin 2007  |  Par Zak  |  Publié dans Critiques  |  3 commentaires  | 

Avant d’être une série animée de la Tôei Animation, Air Gear (2006) est, avec Enfer & Paradis (aka Tenjô Tenge en version originale), l’autre manga à succès de l’auteur Oh Great! (Ōgure Ito de son vrai nom). Connu pour les contenus “olé-olé“ de ses œuvres, le mangaka reste plutôt sobre et signe ici un shônen dans la grande tradition du genre. Débuté en 2003, Air Gear compte déjà seize volumes (comme Enfer & Paradis) dont quatre sont déjà disponibles en France chez Pika. En revanche, l’animé ne compte que 25 épisodes et ne couvre donc pas l’ensemble du manga. Et sachant qu’aucune suite n’est prévue pour le moment, on cherche encore l’utilité de cette adaptation. C’est tout à fait regrettable, car le potentiel de base était nettement plus excitant qu’une bonne majorité des shônen sortant chaque année.

Minami “Ikki” Itsuki est un collégien vivant chez ses quatre sœurs qui l’ont recueilli alors qu’il était encore très jeune. Ikki est attiré par les Air Treck (ou juste AT), des rollers motorisés qui font fureur chez les adolescents. Grâce à eux, on peut rapidement défier les lois de la gravité, sauter d’un immeuble à un autre ou encore rouler sur les murs. Les adeptes des AT, que l’on appelle Storm Riders, se regroupent dans des gangs et pratiquent ce sport dans des compétitions illégales. Pour impressionner la belle Simca, Ikki décide de chausser une paire d’AT. Par chance, il en trouve chez lui qui appartenait à ses sœurs. Ikki part alors “rider” et se découvrir des dons étonnants. Il lui faut désormais créer une équipe et atteindre peut être le titre de Roi du Ciel que l’on donne au meilleur rider en activité… Pour réaliser Air Gear, la Tôei se tourne vers Hajime Kamegaki, connu pour avoir été derrière les séries Fushigi Yuugi, Ayashi no Ceres, Projetc ARMS, Sonic X et prochain le film Naruto Shippûden. Tandis qu’on doit le scénario à l’immense Chiaki J. Konaka, auquel on doit Serial Experiments Lain et Texhnolyze. Si vous vous demandez pourquoi un tel auteur se retrouve sur un simple shônen, sachez qu’il faut bien faire dans l’alimentaire entre deux projets plus osés et forcément moins commerciaux (ceci dit, ça n’empêche pas à Konaka de livrer un beau boulot d’adaptation). Ne cherchez donc pas une once d’originalité dans Air Gear puisqu’on retrouve tous les ingrédients de ce type d’animé : un héros balèze mais quelque peu crétin, ses amis loufoques aux personnalités diverses et variées, des entraînements, des compétitions, des dépassements de soi… Nous sommes donc en terrain connu.

J’évoquais plus haut l’aspect ecchi des œuvres de Oh Great!. Or même si l’auteur s’est calmé, shônen oblige, l’humour est principalement sous la ceinture, les personnages masculins souvent obsédés et ceux féminins peu farouches (mention spéciale à la prof). Néanmoins, alors que la plupart des séries animées utilisent le fan service sans justification aucune (d’où le terme), Oh Great! s’en sert de manière totalement décomplexée, le rendant ainsi tout à fait crédible au sein de l’histoire. En d’autres termes, il n’use pas du fan service pour caresser les otakus dans le sens du poil car ce dernier parti même de son univers ! Bien sûr, les personnes hermétiques à l’humour graveleux risquent de tirer la tronche, mais les autres vont rire de bon cœur devant tant de générosité étalée. Ikki, aka Babyface, aka Karas (le corbeau), est le prototype même du héros sûr de lui, crâneur, mais en même temps attachant par ses prouesses surréalistes et sa bonne humeur communicative (on retrouve en lui beaucoup du Souichirou de Enfer & Paradis). Même si la psychologie des personnages se limitent au strict minimum (Buucha le gros nounours, Onigiri l’obsédé, Kazu ou le schizophrène Agito/Akito), il est indéniable que Oh Great! sait créer des personnages hauts en couleurs. La série se divise en trois parties distinctes : l’initiation aux AT, la création de l’équipe et le début de “l’ascension vers les cieux”. En effet, la série s’arrête brusquement, sans véritable conclusion, laissant la suite uniquement sur papier. D’ailleurs il vaudra mieux se tourner intégralement vers le manga, ce dernier étant nettement plus abouti. Le découpage dynamique d’Oh Great! donne une surprenante impression de vitesse, alors que l’animé pêche sévèrement à ce niveau. On ne remerciera jamais assez la Tôei pour les foirages systématiques en terme de qualité d’animation ou de dessin de leur derniers titres en date (mention spéciale à Saint Seiya : The Hades Chapter - Inferno). Néanmoins, il faudra avouer que la reconstitution de la ville de Kyoto, en fin de série, est superbe.

L’adaptation de Enfer & Paradis chez Madhouse Studios était décevante, c’est aussi le cas de celle de Air Gear. Que cela ne vous empêche pas d’y jeter un œil car la série reste très divertissante tout du long (notamment durant l’excellent combat contre l’équipe des Béhémots) et assurément supérieure à une bonne majorité des shônen actuels !

Commentaires

  1. Sharantyr dit :

    9 juin 2007 à 03:00 (#)

    "il est indéniable que Oh Great! sait créer des personnages hauts en couleurs."

    Petite coquille? :P

  2. Thunder dit :

    28 août 2007 à 04:05 (#)

    C’est vraiment dommage que l’anime ne compte que 25 épisodes et que pour l’instant aucune suite n’est programmé.

  3. Lovemermaid dit :

    5 novembre 2007 à 05:33 (#)

    jdr air gear et lé manga com naruto!!!

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