5 Centimeters per Second

1 mai 2008  |  Par Zak  |  Publié dans Critiques  |  6 commentaires  | 

byousoku.jpgDeuxième long-métrage du surdoué Makoto Shinkai, 5 Centimeters per Second ou Byôsoku 5 Centimeter dans sa version originale, aura bientôt droit à une projection (hors compétition) lors du prochain festival d’animation d’Annecy qui aura lieu du 9 au 14 juin prochain. C’est l’occasion de revenir sur ce film sorti en mars 2007 au Japon et désormais disponible en DVD aux Etats-Unis après de multiples passages dans les festivals. Une fois n’est pas coutume, le réalisateur de The Place Promised in Our Early Days reprend son équipe habituelle à savoir Tenmon à la musique, Takumi Tanji à la direction artistique et… lui-même sur beaucoup de postes. 5 Centimeters per Second est-il la confirmation de l’immense talent de son réalisateur ? Réponse, tout de suite…

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Saviez-vous que les pétales de cerisier tombaient à la vitesse de cinq centimètres par seconde ? C’est ce qu’a appris Takaki Tohno par son amie d’enfance Akari Shinohara. Ces deux inséparables amis, qui étaient si proches, ont dû se quitter suite au déménagement des parents d’Akari. Six mois passent alors qu’ils ne se sont plus parlés mais elle décide de reprendre contact. Après beaucoup de correspondances, Takaki apprend qu’il doit déménager à Kagoshima, mais avant cela, il veut absolument revoir son amie d’enfance… Tel est le point de départ de cette histoire, qui s’étalera sur plusieurs années, scindée ici en trois segments d’une vingtaine de minutes chacun (le film fait juste une heure). Makoto Shinkai en profite pour étaler ses thématiques habituelles à savoir la distance, le temps, la solitude et bien évidemment l’amour. Le premier arc (le meilleur et de loin) raconte le long périple en train de Tohno pour rejoindre Akari. Un trajet qui sera perturbé par des intempéries neigeuses qui bloqueront le train à de multiples reprises. Akari attendra-t-elle Tohno malgré le retard ? Pour le savoir, il faudra regarder le film bien sûr ! En pleine possession de ses moyens, le réalisateur signe un segment virtuose où un simple voyage en train se transforme en véritable thriller au suspens insoutenable doublé d’une formidable histoire d’amour. La narration explosée à coup de flash-back est parfaitement maîtrisée et amène les informations au spectateur au fur et à mesure. À l’instar de l’OAV The Voices of a Distant Star, il est question d’éloignement entre deux personnes qui s’aiment et dont chacun vit ça dans la solitude la plus profonde.

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Lorsqu’arrive enfin l’occasion de se revoir, Tohno entreprend une longue quête pour rejoindre Akari. Le terme de “quête” est adéquat car Makoto Shinkai transforme cela en véritable expédition pour le jeune garçon. Le voyage jusqu’à Akari est long et surtout pas direct. Tohno doit régulièrement changer de ligne. Des trains d’abord fréquentés, puis plus il se rapproche de la destination finale, plus les trains se vident de monde. Les retards deviennent alors de plus en fréquents jusqu’à ce que le train s’immobilise au milieu de nulle part. Paradoxalement, plus Tohno se rapproche d’Akari plus sa solitude est grande car le temps défile et la chance de revoir son amie s’envole peu à peu. La seconde histoire se déroule pendant la dernière année du lycée pour Tohno. Or, ce n’est pas le personnage principal, mais Kanae, une camarade de classe secrètement amoureuse de lui et qui n’ose pas lui avouer. Après l’enfance, Makoto Shinkai s’attaque à l’adolescence via ce segment un ton en dessous du précédent. On y évoque les rêves et l’espoir. Le rêve d’aller dans l’espace, le rêve de pouvoir vivre un amour impossible, l’espoir de se retrouver malgré la distance et le temps… Enfin, le dernier arc se déroule durant l’âge adulte. Tohno est un jeune cadre tokyoïte dont la vie se résume essentiellement à son travail. C’est de nostalgie dont il est question ici (aussi au cœur de The Place Promised in Our Early Days) via les souvenirs des amours d’enfance et l’espoir de se retrouver au hasard au coin d’une rue. Une belle leçon d’amour, certes naïve mais profondément humaine.

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Si les deux derniers segments n’arrivent pas au niveau du premier (qui est un authentique chef-d’œuvre à lui tout seul), le film n’en reste pas moins une œuvre splendide, touchante et sincère, magnifiée par des décors renversants (on a rarement vu aussi beau, même chez Hayao Miyazaki). Les plus cyniques risquent toutefois de frôler la nausée devant cet étalage de bons sentiments. Tant pis pour eux. Quant aux autres, ils se reconnaîtront sans doute dans cette histoire au combien universelle. Ah l’amour…

Commentaires

  1. Tofu dit :

    2 mai 2008 à 06:59 (#)

    Question HS : comment fait-on pour s’inscrire sur le forum ?

  2. Zak dit :

    2 mai 2008 à 01:22 (#)

    Quand tu cliques sur l’onglet, il ne te demande pas de t’inscrire ?

  3. Rixou dit :

    2 mai 2008 à 01:59 (#)

    Makoto Shinkai donne vraiment des petits bijoux à l’animation japonaise.
    Il a prouvé encore que sur une histoire d’amour il était très fort je voudrais bien qu’il ressorte un peu de ce thème pour voir ce qu’il a dans le ventre.
    Encore une question redondante de ma part concernant ce réalisateur. A quand une licence global de ses travaux en France pour que l’on profite aussi pleinement sur DVD ou BlueRay avec un paquet de petits bonus.

    –> Il faut savoir aussi que la version de Byousoku 5 centimeters sortira en Full HD. Et pour info on peut ce procurer une version en Full Hd de Hoshi no Koe et Kumo no Kumo Yakusoku no Basho ou plus communément Beyond the clouds.

  4. Zak dit :

    2 mai 2008 à 02:20 (#)

    A l’époque Asian Star devait sortir The Place Promised mais comme on en entend plus parlé, le film cherche toujours un preneur. C’est effectivement dingue que ce film n’est pas encore été acheté pour la France…

  5. Ulrich dit :

    4 mai 2008 à 07:20 (#)

    @Tofu J’attendais de faire les derniers réglages, j’ouvre les inscriptions cet après-midi. ;)

  6. Alex! dit :

    4 mai 2008 à 04:23 (#)

    Je dois être insensible aux histoire d’amour, mais passé la grosse claque graphique, je trouve que ça reste un film sympa mais pas transcendant.

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